La photographie est une trace, un fragment de mémoire figé dans le temps.

Passeurs de mémoire témoigne de l’horreur que hommes, femmes et enfants ont subi dans le Camp de concentration d’Auschwitz aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’humanité et où, de 1,2 à 1,5 millions d’entre eux y ont été exterminées. Elle souligne l’importance du souvenir en tant qu’acte de résistance, pour que les générations futures aient conscience des conséquences dramatiques de la haine et du fanatisme dont ils ont fait l’objet.

En ces lieux chargés d’histoire, le passé semble vibrer sous les pierres et les ombres des disparus imprègnent encore chaque bâtiment. Une  réminiscence des actes de barbarie que ces personnes, dépossédées de tout puis massacrées, ont supportés. Face à l’immensité du vide laissé, la photographie me permet de révéler la permanence de vies qui ici ont été effacées. L’absence, palpable, invite au souvenir et exige la transmission. Oublier serait un péril.

La mémoire constitue un rempart contre la répétition et nous en sommes les passeurs.

Les images des visiteurs s’entremêlent et se confondent en miroir avec ceux qui ne sont plus. Une continuité visuelle qui perturbe nos repères temporels. La distance entre eux et nous s’estompe alors, soulignant l’universalité du danger.

Par un travail de coloriste, j’ai choisi de mettre en exergue ces récits qui nous chavirent de par la dureté des faits et l’indignité de cette œuvre macabre inhumaine. Brouillant les frontières temporelles, les images en N&B perturbent la perception du temps pour plonger le spectateur dans la confusion. Elles rappellent les photographies historiques et s’inscrivent dans une forme d’intemporalité. Les couleurs appauvries, elles, intensifient ces atmosphères pesantes et la gravité des actes qui ont été commis.

Et puis, il y a les fenêtres, représentant une ouverture, un seuil entre ce lourd passé vécu en captivité et notre présent empreint de liberté. Elles offrent une échappatoire. Leurs reflets dans les vitrines viennent troubler à nouveau nos repères, superposant l’hier et l’aujourd’hui en les fusionnant. Pour qu’elles ne soient pas de simples éléments architecturaux mais des points de bascule.

La lumière incarne ainsi une respiration, une projection d’espoir.

Passeurs de mémoire 2025 (extrait)

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Passeurs de mémoire 2025 (extrait) 〰️